◧_____Titre : Tu m'appartiens
◨_____Auteur : Akira ∎ あきら
◧_____Genre : Yaoi , romance, drame
◨_____ Personnages : Tous les Gazettos
◧____Disclaimer : Je n'en voudrais même pas ! Et je ne suis pas de mauvaise foi <.< ___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________Chapitre quatre____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________▉__________▉__________▉
Bonne lecture!!! :D
_______________Dans la salle de bain du local des membres du groupe The GazettE, seuls des bruits de respiration saccadée et de gémissements résonnaient. Ruki effectuait des va-et-vient jugés exquis par son amant, il les accélérait au rythme des coups de bassin d'Aoi, tantôt traçant sur son membre des dessins invisibles avec sa langue, tantôt l'entraînant dans sa bouche, ce qui avait le don d'arracher des cris de la part du guitariste qui émoustillaient et enflammaient le chanteur. Lui-même ne tenait plus en place tant il désirait se mettre nu et subir à son tour cette douce « torture » ou, mieux, pouvoir lui faire l'amour. Bientôt il sentit le guitariste se cambrer un peu plus fort et se tendre, le chanteur lui maintint les jambes de ses mains et y enfonça légèrement les ongles :
- Oh....Ruki...
Le chanteur sourit, visiblement le guitariste adorait ce qu'il lui affligeait. Même si c'était plus qu'évident, il désirait ardemment l'entendre de sa bouche, aussi détacha-t-il son attention de son sexe et le fit-il languir en lui mordillant les cuisses, elles étaient si chaudes.
- Ruki....n'arrête pas....
- Tu es sûr ? Demanda-t-il en traînant la pointe de sa langue sur sa peau, tantôt tu étais si pressé de partir....Et il continua à sillonner langoureusement le long de sa jambe, dérivant dangereusement vers son entre-jambe.
- S'il te plait....L'implora le guitariste tout en faufilant ses doigts dans la chevelure blonde de son ami.
Ruki obéit à cet ordre et poursuivit la fellation, accompagné de la main d'Aoi, presque agrippée à ses cheveux, qui suivait ses mouvements d'oscillation. Après quelques minutes seulement la respiration d'Aoi s'affola, il était au bord de l'extase, Ruki le sentit parfaitement, son sexe n'était pas humide que grâce à sa salive.
- Ruki... Je vais...
Le chanteur enlaça son membre plus profondément dans sa bouche, comprimant ses lèvres au plus fort, Aoi se cambra une dernière fois, la tête rejetée vers l'arrière, la bouche sensuellement ouverte et hurla de plaisir. Il se déversa dans la bouche de Ruki, celui-ci n'eut pas le temps de se retirer et avala presque l'entièreté de son sperme, quelques gouttes s'étaient échappées le long de son menton.
Aoi reprenait son souffle et profitait de sa béatitude tandis que Ruki se releva, le brun ouvrit les paupières et, pour la première fois, il daigna regarder le chanteur. Il se sentit soudain mal à l'aise, intensément mal à l'aise. Non seulement il n'avait rien fait pour l'empêcher, mais en plus il avait souhaité qu'il continue. Il avait adoré comme il avait adoré avec Uruha. La culpabilité vint le titiller tout à coup, Uruha....Il se leva d'un bond et se rhabilla alors que Ruki se frottait le visage, ce dernier ne comprit pas pourquoi le guitariste fila de la pièce sans un mot.
- Aoi, où est-ce que tu vas ? Ce n'est pas encore terminé, pensa-t-il.
Le chanteur le suivit et le surprit à prendre ses effets pour partir.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
Aoi, qui s'était égaré dans ses pensées jusqu'à ce que le chanteur l'interpelle, réalisa alors ce qu'il était en train de faire et se tourna vers lui, Ruki le toisait, frustré. C'est vrai, il l'avait complètement laissé en plan, il se sentait fautif en quelque sorte. Mais il ne pouvait rester.
- Je dois partir Ruki, crois-moi, je m'excuse...Dit-il sans finir sa phrase.
A la vue de la moue irritée du chanteur, il sut que c'était inutile de dire quoi que ce soit. Il était contrarié, et aucune parole ne pouvait balayer cette colère. Aussi le guitariste se dépêcha-t-il de quitter le local, jetant un dernier regard vers son ami, mais ce dernier lui tournait déjà le dos. Ruki guetta le bruit de démarrage de la voiture d'Aoi, quand il fut certain que celui-ci s'en était allé, il laissa sa colère éclater et frappa une armoire du poing. Tout son être trépidait sous les hoquets de ses pleurs, son visage, crispé, reflétait de la douleur et chacune de ses larmes exprimait aigrement ce sentiment d'avoir été abandonné.
Aoi roula lentement jusqu'à l'appartement d'Uruha, il lui envoya un message lorsqu'il fut à quelques mètres de chez lui, est-ce que ça tenait toujours ? Est-ce que le guitariste blond désirait toujours le voir et l'entretenir sur leur relation ? Lui ne voulait plus....Il n'avait cessé durant le trajet de ressasser tout ça : il l'avait prise cette décision, il s'était mis d'accord avec lui-même, il ne résistait pas à Uruha et la meilleure chose à faire était certainement d'essayer, tous les deux. Ça pouvait marcher, et si ça ne marchait pas, alors au moins ils auraient le mérite d'avoir tenté leur chance et leur rupture n'en serait finalement pas une car ils savaient dans quoi ils s'engageaient. Et pourtant, il y avait justement ce « pourtant ». Et pourtant il avait apprécié le préliminaire avec Ruki. Sa décision était ébranlée, sortir avec Uruha n'était peut être pas le mieux à faire. Aoi réfléchit sur la question de nombreuses minutes, il avait ressentit le même désir pour l'un comme pour l'autre, mais, contrairement à la joie qu'il ressentait de vivre avec Uruha, c'était l'angoisse qui se profilait dans sa tête à l'idée de sortir avec Ruki.
Il appuya la tête contre la vitre de sa voiture et son visage s'assombrit : rien en réalité ne pourrait se réaliser, ni avec Uruha, ni avec Ruki, car inévitablement, l'un des deux serait malheureux s'il choisissait. Et les voir tristes ou se déchirer entre eux à cause de lui l'accablait énormément. Sans parler de l'unité du groupe qui risquerait de partir en fumée, ce groupe, c'était toute sa vie ! L'envie de pleurer le tenaillait, il décida de suivre son propre conseil et de les rabrouer tous les deux, autant sexuellement pour Ruki que sentimentalement pour Uruha. Il reçut une réponse de l'androgyne l'instant d'après : celui-ci l'attendait impatiemment. Aoi sourit amèrement, ils parleront, mais de toute autre chose....Aoi laissa échapper une larme mais l'arrêta dans sa course folle et l'essuya avant qu'elle n'atteigne son menton. Et il se rendit chez le guitariste.
Uruha ne tenait plus en place depuis son retour, cela faisait une heure qu'il avait quitté Aoi et il n'était parvenu à penser à autre chose. Il l'aimait, il le savait désormais, il s'était obstiné à ne pas se l'avouer mais ce sentiment qui habitait son c½ur était bel et bien de l'amour et il ne put que le reconnaître. Si Aoi n'était pas venu ce soir-là pour parler de ce « fanservice », peut être l'aurait-il emmuré dans son c½ur ce sentiment. Il avait l'intention de le lui confesser, ce soir. Il était conscient qu'Aoi pouvait ne pas l'aimer, lui, mais, en dépit de cela, il ne pouvait pas lui résister, et c'était suffisant pour mettre le guitariste blond dans tous ses états.
Il décida de prendre un bain pour se détendre mais la sonnerie de son portable l'interrompit, c'était Aoi, il lui demandait si ça tenait toujours pour ce soir, évidemment que ça tenait toujours pour ce soir ! Il lui répondit rapidement et renonça à prendre un bain, il n'en aurait pas le temps, Aoi lui avait dit qu'il était déjà en chemin. Il n'imaginait pas qu'il n'était qu'à quelques mètres de son appartement. Afin de patienter, il se maquilla et choisit de porter des vêtements qui pourraient plaire au guitariste brun, il passa en revue les habits qu'Aoi aimait particulièrement, cela lui faisait toujours plaisir quand il commentait ses goûts en la matière, il parvenait souvent à lui glisser un compliment par ce biais. Il finissait de se vêtir lorsque la sonnette retentit, il courut presque jusqu'à la porte et l'ouvrit dans un élan, ce qui fit sursauter le garçon face à lui. Ce dernier eut un pincement au c½ur, le guitariste blond s'était apprêté pour le recevoir, et il devait admettre que revêtu ainsi, il le faisait craquer. Sa tâche se révélait être plus ardue qu'il ne l'aurait pensée. Surtout il ne devait pas pleurer devant lui, et plus important encore, il devait tout faire pour lui éviter la moindre souffrance, dans la mesure du possible.
- Entre, je t'en prie, l'invita Uruha en affichant son plus beau sourire.
- Merci.
Aoi pénétra directement dans le salon, il se dirigea vers le divan mais abandonna l'idée de s'y installer, il voulait restreindre au possible la douleur d'Uruha, alors le mieux serait d'être clair et direct, mais avec tact. Le guitariste blond haussa curieusement les sourcils quand il vit qu'Aoi le fixait, debout, sans aucune expression sur le visage hormis dans les yeux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as l'air...anxieux ? Tenta Uruha.
- En fait, on ne va pas discuter longtemps, je...Assieds-toi Uruha, s'il te plait.
L'androgyne s'exécuta sans le quitter des yeux, les siens aussi maintenant exprimaient de la peur. Aoi ne s'asseyait même pas auprès de lui, il se montrait tellement distant, et tellement froid. Il ne le regardait plus.
- Uruha, il faut que l'on oublie tout ça.
Le blond écarquilla les yeux, qu'est-ce que cela signifiait ? Il ne pouvait pas renier ce qui leur arrivait, ou alors ne parlait-il que de ce qui s'était produit dans la salle de bain ?
- Tu parles d'aujourd'hui ? De...De ce qu'on a fait ? Demanda Uruha, les joues empourprées.
- D'aujourd'hui, de hier soir et de ce fameux concert ! Lança-t-il, tant pis pour le tact.
Aoi serra les poings et les dents, il entendait son c½ur battre tapageusement et ses yeux s'humidifièrent, pas déjà ! Pas devant Uruha ! S'il lâchait la pression maintenant, alors jamais son ami ne le croirait, et jamais il ne le laisserait partir.
- On ne devra plus en parler, on devra même peut être s'éviter quelques temps pour enterrer tout ça !
Soudain le guitariste blond fit un bond et s'écria :
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?
A sa voix brisée, Aoi leva les yeux et ravala de justesse ses propres pleurs, des larmes perlaient sur le minois du blond, il semblait troublé.
- Que racontes-tu Aoi ? C'était pourtant clair aujourd'hui, ça n'a rien de compliqué !
- Ça l'est actuellement, je suis navré Uruha.
- Mais qu'est-ce qui a changé ? S'emporta l'androgyne dont la rage était plus que palpable dans la voix. Pourquoi est-ce que cette putain de situation a complètement viré ?
- Tout a changé...Je...J'ai pris ma décision Uruha, c'est fini. Conclut-t-il amèrement, ça n'avait pas même eu le temps de commencer...
Il courba la tête et prit la direction de la porte mais Uruha attrapa son bras, désespéré, il était perdu, plus que perdu, presque achevé par ce qu'il venait d'entendre. Il allait véritablement l'être après ce qu'Aoi s'apprêtait à lui dire. Ce dernier n'avait pas le choix, s'il voulait qu'Uruha l'oublie, alors il devrait lui apprendre à le haïr.
- Uruha, lâche-moi !
- S'il te plait Aoi, réfléchis encore ! S'il te plait...
L'androgyne s'était tellement convaincu qu'Aoi tenait à lui ; oui, se convaincre qu'Aoi était intéressé, il était moins douloureux de supporter son amour ainsi, lui qui eut déjà tant de mal à l'accepter....
- Je ne t'aime pas ! Lui dit l'aîné d'un ton sec et sans aucune délicatesse.
La prise du blond se desserra, Aoi se tourna vers lui, son ami était si pâle tout à coup, il se maudissait et luttait pour ne pas le serrer dans ses bras pour le consoler, il aurait tant désiré l'enlacer de toutes ses forces et le supplier de le pardonner, c'était tout simplement affreux. Il était prêt à fondre en larmes à son tour. Uruha fit un pas dans sa direction malgré tout, le fixa puis lui agrippa les épaules, un tremblement lui parcourut le dos, il se sentait accablé et s'abandonna dans les bras d'Aoi pour y sangloter. Ce dernier s'accorda le droit de lui masser le dos, très peu de temps, puis s'en détacha doucement.
- Au revoir Uruha. Je ne peux pas te dire que tu comprendras un jour, ça ne sera pas le cas. Mais pardonne-moi.
Et il partit, sans que le cadet n'eut le temps de se reprendre, il était délaissé. Il pleura des heures, accroupi au milieu de son salon, et croisa ses bras autour de ses jambes.
- Pourquoi Aoi ? Pourquoi ?
Plus que jamais il ressentait cet amour pour Aoi hurler du fond de ses entrailles, il en était fou amoureux, même après ce qu'il venait de lui dire, il l'aimait encore et si intensément....
Plusieurs semaines se succédèrent sans que rien ne vienne troubler la vie du groupe, Kai et Reita déjeunaient si souvent ensembles que Ruki les soupçonnait d'être en couple sans ne rien leur dire. Le petit chanteur, lui, débordait d'énergie et ne laissait de répit à personne : chaque jour ils se retrouvaient pour répéter. Quant à Uruha et Aoi, il ne pouvait pas y avoir pire. Ils se fuyaient et s'évitaient comme la peste. Rien que leur comportement intriguait les autres membres, mais s'il n'y avait que leur comportement : ils semblaient dépérir, chaque jour un peu plus. Uruha avait maigri, ça aurait pu ne pas être alarmant s'il n'était déjà pas fort mince à l'origine, Aoi, lui, était sombre, il s'était confiné dans un mutisme impressionnant et ne semblait pas en meilleure santé que son homologue. Tous trois avaient bien cerné qu'il s'était produit quelque chose entre eux pour qu'ils en soient arrivés à réagir comme s'ils étaient invisibles l'un pour l'autre. Mais nul n'était parvenu à leur tirer les vers du nez et à percer l'énigme, Uruha feignait tout simplement l'ignorance et Aoi évidemment se retirait directement dans son silence comme une huitre referme sa coquille au moindre danger. En réalité, Uruha était bien conscient qu'il perdait ses forces, et il savait qu'il ne pourrait pas continuer ainsi, il devait se nourrir, dormir et surtout retrouver de la volonté. Il devait oublier Aoi. Mais cet objectif, dès qu'il pensait le frôler des doigts, se masquait d'un voile flou puis disparaissait pour reparaitre plus loin encore, plus inaccessible que jamais. C'en était trop, cette distance qu'ils avaient installée entre eux, en rien elle ne l'aidait ! Il se sentait plus attristé encore de ne plus rien partager avec celui qu'il aimait, même pas un simple sourire, même pas un simple bonjour.... Aoi, lui, ne réalisait pas vraiment dans quel cauchemar il vivait, et il ne réalisait pas non plus que chaque jour il contribuait à construire ce cauchemar. C'est à peine s'il voyait Uruha, il était bien le seul à ne pas avoir remarqué que l'androgyne avait perdu du poids ; il s'obligeait à ne lui prêter aucune attention, avec le temps, ça passera...certainement....
- Aoi, ça va ?
Le guitariste se tourna vers Ruki, depuis la fellation, le chanteur n'avait plus cherché à le séduire aussi ouvertement, bien sûr il tentait de le charmer, prenait soin de lui et venait même parfois lui apporter de quoi manger tant son état le préoccupait. Il devait s'en vouloir. Quelque chose lui disait qu'il était aussi fautif dans cette histoire. Mais il ne ménageait qu'Aoi, ne changea rien dans ses manières envers Uruha, laissant à Kai et surtout à Reita la charge de s'inquiéter pour lui.
- Oui.
Il lui tourna le dos et posa sa guitare, ils avaient droit à une bonne pause. Au départ, il avait craint que la seule présence d'Uruha et de Ruki l'empêcherait de s'évader dans la musique, l'empêcherait de jouer correctement et de libérer son esprit de tous ces soucis. Heureusement, il n'en était rien. Au contraire, ces moments représentaient les seuls où il se sentait délivré de tout poids sur la conscience.
A la vue du chanteur qui ne parvenait toujours à rien, Kai s'avança vers eux, cette comédie l'énervait :
- Aoi, qu'est-ce qui ne va pas ? Cela fait presque trois semaines que tu ne parles plus !
Sans attendre de réponse, puisqu'il savait qu'il n'y en aurait pas, il poursuivit :
- Et je ne parle pas seulement d'Uruha, même à nous tu sembles tirer la tête !
Aoi ne prit même pas la peine de l'écouter et chemina tranquillement vers la cuisine, ce fut suffisant pour échauffer un peu plus le batteur qui le saisit par les épaules et le fit pirouetter :
- J'en ai plus que marre bordel ! Cria-t-il, ce qui attira l'attention de Reita et d'Uruha. Et regarde-moi quand je te parle ! Dit-il en le secouant.
Aoi lui obéit, le batteur sentit un grand vide en lui quand il vit les cernes qui cerclaient ses yeux, des yeux vidés de toute substance, hormis de celle des larmes.
- Aoi, depuis quand ne dors-tu plus ? Qu'est-ce qui vous arrive à toi et Uruha ?
Soudain, ce fut plus fort que lui, le guitariste brun fondit en larmes et laissa Kai l'enlacer dans une douce étreinte, comme pour un enfant. Il se sentait réconforté et en sécurité ainsi, dans ses bras. Le batteur lui chuchota quelques mots pour l'apaiser puis adressa une grimace aux autres membres, il aperçut Uruha au bord des larmes lui aussi, Reita ne l'avait pas quitté un instant au cas où il s'effondrerait, ils redoutaient une autre syncope de sa part, il s'était déjà évanoui deux fois ces derniers jours.
- Bon, écoutez, ça suffit pour aujourd'hui. On arrête la répétition ici et on va tous aller se détendre un moment au café, je crois qu'on en a tous besoin. Mais avant je vous cuisine quelque chose, et je veillerai à ce que tu manges Uruha ! Lança-t-il sévèrement à son adresse.
Celui-ci acquiesça et ne discuta pas, il sursauta lorsque Reita posa une main sur son épaule, il lui offrait un sourire rassurant :
- Allez, t'en fais pas fausse blonde !
Piqué au vif, Uruha répliqua, pour la première fois depuis des lustres :
- Reita, arrête d'être aussi tenace, je sais que tu meurs d'envie que je te viole dans la douche !
- Aha ! Tu reprends enfin du poil de la bête ! S'exclama le garçon au bandeau avec joie.
Kai, Ruki et même Aoi rirent, ils se délectaient toujours de ces échanges de « tendres » paroles entre les deux blonds. Le batteur contempla le visage du guitariste brun qui se détendait peu à peu, il était toujours lové dans ses bras, jusqu'à ce qu'il remarque qu'on l'observait.
- Ecoute Aoi, lui dit-il suffisamment bas pour que les autres n'entendent pas, on n'en parlera pas aujourd'hui tous ensemble mais vous aurez une discussion, toi et Uruha, c'est compris ?
- Kai...
- Si tu refuses c'est simple, vous vous expliquerez tous les deux devant nous. Et je n'ai pas l'impression que vous en ayez envie.
Aoi soupira et ferma les yeux, le batteur lui caressait calmement les cheveux, il était une véritable maman.
- C'est d'accord, mais je ne pense pas qu'Uruha acceptera.
- Ne t'inquiète pas, Reita se chargera de lui faire passer le message.
- Merci.
- Ne me remercie pas, je ne serai content que quand vous irez mieux.
Il délivra l'aîné et s'engouffra dans la cuisine, Ruki en profita alors pour s'approcher du guitariste et lui proposer de lui montrer un épisode de la nouvelle série qu'il suivait à la télévision, il l'avait enregistrée.
- Je voulais te la montrer déjà bien avant mais comme tu restais dans ton coin... Viens !
Aoi ne pouvait pas lui en vouloir pour ce qui s'était passé entre eux, Ruki n'était fautif en rien, il n'avait pas idée de ce qui le reliait à Uruha et l'avait dragué au mauvais moment, et il n'avait toujours aucune idée, tout comme Kai et Reita, de ce qui se tramait entre eux. C'était sans doute pour cela qu'il continuait à le cajoler et à le gâter, il faudra qu'il lui dise de cesser ça. Il avait décidé de repousser Uruha mais avait décidé de le repousser lui également. Il le suivit jusqu'au fauteuil, s'installa aux côtés de Reita et d'Uruha et ils regardèrent l'enregistrement.
Vingt petites minutes plus tard, Kai vint leur service leur repas, il leur avait préparé des pâtes, comme Ruki les adorait. Le repas se passa sans encombre, Uruha mangea tant bien que mal, et lorsque sa fourchette lui glissa des doigts sur la table, lui et Aoi tendirent le bras en même temps pour la récupérer, leurs mains se frôlèrent, Uruha tenta alors un premier regard vers lui, ce qui lui fit l'effet d'une décharge électrique. Aoi lui souriait timidement et attarda ses doigts sur les siens, ils étaient si doux, et leur toucher si agréable. Après cet incident, ils s'échangèrent d'autres coups d'½il et sourires et mangèrent tranquillement. Kai fut agréablement surpris de voir Uruha terminer son assiette :
- Ne te rends quand même pas malade Uruha-chan ! Lui dit-il en rigolant.
- Ne t'inquiète pas, et puis c'est très bon !
Ils terminèrent de manger, tous avaient le ventre bien rempli. Reita proposa de partir directement au café, ce qu'ils firent. Ruki décida du café, un lieu juste animé de ce qu'il fallait, ils n'avaient pas non plus l'intention de revenir complètement soûls. Ils s'installèrent à une table, dans le fond du bâtiment, Kai et Reita s'arrangèrent pour que les deux guitaristes soient l'un à côté de l'autre, et suffisamment isolés pour pouvoir discuter un peu. Ils commandèrent des boissons, puis en recommandèrent d'autres, Uruha et Aoi ne se décidaient pas à parler, ils se tenaient raides, fixant chacun son verre comme s'ils y avaient découvert quelque chose d'extrêmement intéressant. Kai décida d'intervenir, préférant d'ailleurs laisser Reita et Ruki, déjà bien pompettes, débattre d'un sujet que seuls les gens éméchés jugeraient primordial...Ils ne tenaient vraiment pas l'alcool, le batteur les regarda un moment, les trouva pathétiques et se fit la réflexion que ça n'était pas très gentil d'avoir pitié d'eux.
- Dis-moi Uruha, lui chuchota-t-il dans le creux de l'oreille, t'attends quoi pour lui parler ?
Celui-ci le considéra un moment, embêté, il lui indiquait clairement qu'il n'osait pas. Kai soupira et le bouscula alors, le guitariste blond atterrit sans douceur sur son voisin et se trouva nez à nez avec lui. Ils pouvaient sentir leur souffle respectif leur caresser le visage, leurs yeux se perdaient dans leur contemplation, à cet instant, Kai eut l'intuition de ce qu'ils partageaient. Depuis combien de temps désiraient-ils se retrouver dans pareille situation ? Trop longtemps à leur goût. Mais Aoi ressentit un malaise, il ne pouvait faire ça à Uruha après tout ce qu'il lui avait dit, il s'apprêtait à reculer sur le siège mais le blond l'agrippa et l'embrassa avec délicatesse. Ce baiser leur sembla durer une éternité, pas qu'il fut long, mais parce qu'ils le désiraient depuis tant de temps. Cet échange échappa à Reita et Ruki qui étaient à présent partis dans un fou-rire, mais pas à Kai qui détourna la tête de peur de les gêner s'ils le voyaient les observer. Intérieurement il sautait de joie, il comprenait aisément pourquoi ils ne voulaient pas s'expliquer devant eux. Qu'est-ce qu'ils étaient compliqués ces deux là...
La tension se détendit subitement, Aoi et Uruha ne tentèrent plus d'autres caresses, ils ne se doutaient pas que Kai avait été témoin de leur baiser. Et ils partageaient l'idée que leur liaison pourrait peut être compliquer les choses dans le groupe, ils attendraient un peu, histoire d'analyser les réactions de chacun à pareille nouvelle. Celui qui tracassait particulièrement Aoi était bien entendu Ruki, il n'osa pas en parler à Uruha de peur de devoir tout lui dévoiler sur ce qui s'était passé entre lui et le chanteur. Il avait peur que ça ne lui soit « fatal », après une telle révélation, jamais l'androgyne ne voudrait même entendre parler de lui. Le guitariste brun se leva pour se rendre aux toilettes, ils allaient bientôt partir, Uruha aidait Reita à enfiler sa veste, Ruki lui, plus réfléchi, avait poursuivi la soirée à coup de verre d'eau, son esprit semblait beaucoup plus clair. Il se leva à son tour pour se rendre aux toilettes, il ne tiendrait pas jusque chez lui, sa vessie lui faisait mal.
Ruki sortit de sa cabine en même temps qu'Aoi, il était déçu, il avait espéré pouvoir passer la soirée à côté de lui et peut être même lui avouer qu'il l'aimait. Le guitariste brun fut surpris de le voir mais ne s'en formalisa pas, trop occupé à sourire bêtement, son plan, évincer Uruha, s'était lamentablement écroulé, et ça n'était pas plus mal finalement quand on considérait les dégâts qu'il avait provoqué, tout ce qu'il était parvenu à gagner était la mauvaise santé d'Uruha, la sienne également, et l'effondrement de la bonne ambiance du groupe. Les choses ne pouvaient pas être pires, elles n'avaient plus qu'à s'arranger. Il se sentait heureux, d'un autre côté, que les choses aient pris cette tournure, comme s'il était inévitable que lui et Uruha soient ensembles. Tandis qu'il se rinçait les mains, un frissonnement qu'il ne connaissait que trop bien lui parcourut la nuque, Ruki la lui caressait de sa langue expérimentée. Le chanteur plaqua son corps à celui du guitariste et lui saisit les hanches, il pensait clairement qu'il se laisserait faire, comme la dernière fois, il serait incapable d'offrir une quelconque résistance.... Mais, contre toute attente, surtout la sienne, Aoi se libéra vivement de son étreinte et lui fit face, les sourcils froncés.
- Ruki, arrête !
- Pourquoi ? Demanda-t-il d'une voix chaude.
- Je ne veux rien entre nous, rien du tout. Je regrette pour la dernière fois, on n'aurait pas du...
Le chanteur se troubla, le guitariste paraissait si sincère. Il paraissait sincère aussi quand il avait joui dans sa bouche la dernière fois...Ruki croisa les bras sur sa poitrine, son ton était beaucoup plus orgueilleux :
- Tu me laisses te sucer un jour pour m'annoncer le lendemain que tu ne veux rien entre nous ? De qui te moques-tu Aoi ?
- Je suis désolé Ruki, disons que la dernière fois tu t'es montré...entreprenant, et persuasif...Mais...
- Alors laisse-moi me remontrer persuasif, lui dit-il en se rapprochant de lui.
Mais Aoi le repoussa directement, plus fort, il ne voulait pas lui faire de la peine, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir énervé par l'attitude de Ruki, cette attitude qui faillit lui coûter l'amour d'Uruha. Il préféra être bref avec lui, mais il veillerait à ne pas le froisser.
- Ecoute Ruki, je suis désolé si tu as cru que j'étais intéressé. Je vois bien que tu cherches mon attention depuis des semaines, mais il n'y aura rien entre nous.
- Mais...Pourquoi ? Demanda le chanteur, effaré.
- Je...Je suis intéressé par quelqu'un d'autre.
Ne pas le froisser ! Aoi se mordit la lèvre, c'était mal parti ! Le chanteur fut heurté, au c½ur, mais surtout dans son amour propre. Cela le blessait qu'Aoi le rejette, et, de surcroit, qu'il tienne à quelqu'un d'autre. Ce jour-là, dans le local de répétition, il avait cru à une ouverture, même si Aoi s'était enfui, il ne l'avait pas repoussé. Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait ainsi, lui était prêt à lui livrer tout son amour, du moins, il l'était encore deux minutes auparavant....
Ruki baissa la tête et serra les poings, il devait savoir, qui était parvenu à lui arracher le c½ur d'Aoi de ses mains ? Qui avait osé le lui dérober ? Le beau brun crut un instant que le chanteur pleurait et fut pris d'une douloureuse tristesse, il ne comprenait pas tout à fait la réaction si excessive du chanteur :
- Ruki, je t'en prie ne pleure pas ! Ne pleure pas pour une simple histoire de sexe, c'est idiot....
Il s'interrompit lorsqu'il s'aperçut que le chanteur n'était pas victime du chagrin mais d'une colère monstrueuse. Ce dernier lui jeta un seul regard, furieux, suffisant pour le guitariste brun le laisse tranquille, il ne prit pas la peine d'essuyer ses mains et s'éclipsa, il lui parla une dernière fois sans trop oser se tourner :
- Je préviens les autres de partir sans toi, je...Tu peux m'appeler si tu veux...
La porte se referma en claquant, Ruki se laissa glisser au sol, aucune larme ne semblait prêtre à couler, seul le mécontentement lui déformait le visage. Il était certain qu'Aoi ne lui avait pas menti, il était intéressé par quelqu'un d'autre, et suffisamment intéressé pour avoir des remords de coucher avec lui. Il réfléchit longuement, s'enferma dans les toilettes pour être plus tranquille, les gens risqueraient de venir lui proposer de l'aide s'ils le voyaient affalé contre les éviers. Il resta assis dans la cabine près d'une demi-heure, ses amis étaient certainement déjà partis, sinon l'un d'eux serait venu le chercher. Il était au bord de l'épuisement et un mal de tête l'assommait quand il décida de rentrer, il prit la peine de s'éclabousser le visage d'un peu d'eau pour se remettre les idées en place, en proie au désir de s'infliger une cuite monumentale pour oublier tout ça. Puis, tout à coup, il se figea. Ce baiser, ce baiser sur lequel il s'était posé tant de questions et qu'il avait fini par négliger. Ce concert lors duquel Aoi et Uruha s'étaient embrassés, le guitariste brun était apparu si égaré, il n'avait pu rejouer sur le coup. Et leur comportement ces jours-ci, ça n'était pas innocent. N'était-ce pas depuis cette fellation que les deux guitaristes se fuyaient ? Sans aucun doute. Ruki toisa son propre reflet dans la glace mais sans vraiment le voir, tout devenait clair pour lui, de ce baiser jusqu'à ce refus de la part du brun. Tout.
Il se sourit tristement car Aoi ne semblait pas encore avoir réalisé ce que lui venait de comprendre, qu'il était amoureux d'Uruha....
____________________________________________....A Suivre....__________
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